Mère de Vincent,16ans,tué par balle le 8 juin 2005
Monsieur le Ministre de l'intérieur.
Je ne suis ni ministre,ni présidente,ni juge,ni gendarme,ni avocate...
Je suis tout simplement une maman qui a besoin de vous parler.
Je n'ai malheureusement pas fait beaucoup d'études et mon enfance ne comporte que peu de bons souvenirs,mais je vais essayer de me faire comprendre.
Pour arriver à l'objet de ma lettre,il faut d'abord que je remonte dans le passé.
J'ai élevé seule mon premier enfant,très jeune,mon mari ayant été tué dans un accident de voitture.
Par la suite,je mettais trois autres enfants au monde.
D'autres drames et de bonheurs ont jalonné ma vie,mais j'ai tout naffronté,tout supporté par amour pour mes enfants.
Mon seul objectif a toujours été de leur apporter amour,bien-être et harmonie.
Je n'ai qu'une idée en tête:tout faire pour qu'ils construisent leur vie d'adulte et ne manquent de rien!
J'aime mes enfants,chacun leur personnalité.
Ils sont ce que j'ai de plus beau dans ma vie!
J'avais un fils de 16 ans,Monsieur le Ministre,Vincent,un grand garçon qui n'avait pas peur de dire"Je t'aime",qui aimait encore les bisous et les câlins.
Il était en seconde Electricité avec l'ambition de poursuivre des études d'ingénieur.Ses notes étaient bonnes et l'avenir lui souriait.
Le 8 juin 2005,en revenant de chez le médecin avec Lisa,ma fille de 6 ans,j'ai découvert la police,les pompiers et un attroupement en bas de l'immeuble que j'occupe.La silhouette allongée par terre avait les même basket que mon fils Vincent.Il venait de se faire tirer dessus.Une balle de 22 long riffle venait de lui perforer le sternum.Vincent est mort peu après.Je n'ai pu avoir mon fils auprès de moi pour le pleurer,qu'une nuit et une matinée avant la cérémonie.
Peut-être,Monsieur le Ministre,avez-vous entendu parler de ce drâme?
Aujourd'hui,ma petite,traumatisée,est suivie par un psychologue et moi je me bats,je survis et affronte jour après jour cette injustice.
Ce sont deux adolescents qui ont tiré sur un autre adolescent qui aimait la vie,qui avait des projet....Etes-vous venu?
Vous êtes-vous exprimé sur ce drame provincial?Non,rien!
Trois ans après,rien ne semble avoir bougé.La France rentre tout juste de vacances et moi j'attends....
Personnes n'a "retourné" Albi comme vous l'avez fait à Paris pour ce petit garçon de 11 ans,mort également d'une ballle perdue.
J'attends de vous en tant que Ministre,homme et père,une justice impartiale et sévère.Je ne veux rien moins que votre aide et votre soutien pour continuer à vivre et à élever mes filles.
Il faut que de telles abominations cessent!Plus d'armes dans les mains des gosses,moins de violence à la télévision,au cinéma....
Depuis ce drâme, pour l'instant impugni,je suis les informations partout en France et c'est de plus en plus qu'il y a d'autres jeunes victimes assassinées et je peux comprendre la douleur des mamans!
Combien de maman vont elles encore pleurer?
Si j'étais président il n'y aurai pas de pardon,pas d'absolution.J'instaurerai la peine capitale.
Mais je suis tout simplement une maman qui restera dans la douleur jusqu'à mon dernier soupir...
Si vous saviez,Monsieur le Ministre comme j'aimerai le rejoindre....
Je suis entre les mains du Seigneur,de Vincent...
Recevez,Monsieur le Ministre,l'expression de mes respectueux sentiments.
Mme Dominique Germont